Fouilleurs en activité à la grotte du Renne

Fouilleurs en activité à la grotte du Renne. Cliché A. Vila, 1959 © Ethnologie préhistorique

On l’aura compris, Arcy-sur-Cure est un site de référence pour le Paléolithique du Centre Est de la France (restes néanderthaliens, art pariétal, passage Paléolithique moyen/Paléolithique supérieur), mais c’est aussi, historiquement, un laboratoire d’étude majeur pour l’équipe d’Ethnologie préhistorique.

Si les premières fouilles à Arcy-sur-Cure remontent à la fin du XIXe siècle (fouilles De Vibraye, Ficatier, puis fouilles Parat), c’est véritablement avec l’arrivée en 1946 d’André Leroi-Gourhan et de son équipe que se structure un véritable programme de recherche2 sur le massif des grottes d’Arcy-sur-Cure/Saint-Moré (Bailloud, 1953 ; Leroi-Gourhan, 1961; Schmider, 1996 ; Schmider et al., 2004 etc.). Arcy-sur-Cure devient dès lors un terrain pionnier à la fois dans l’application de méthodes de fouilles et d’analyses3 modernes, d’autre part dans l’application d’une démarche des plus novatrices pour l’époque, celle d’une ethnologie des populations préhistoriques (Leroi-Gourhan, 1961 ; Leroi-Gourhan et Leroi-Gourhan, 1964). Cette démarche formalisée par André Leroi-Gourhan est aussi la clef de voûte du laboratoire qu’il renomma ainsi en 1967 (Soulier, 2015). Partant du fait technique, cette démarche tend à comprendre et à reconstituer les faits socioculturels pour redessiner une géographie et une paléohistoire (sensu Valentin 2006) plus fine des sociétés préhistoriques. L’actuelle équipe Ethnologie préhistorique de l’UMR 7041, que dirige deux d’entre nous, en héritière de ce laboratoire, continue d’œuvrer selon cette méthode d’approche structurante (Valentin et al., 2015).

Texte écrit par N. Goutas, P. Bodu et L. Mevel