Plan de la grotte du Trilobite, 1952

Plan de la grotte du Trilobite, 1952. Photographie E. Le Gueut 2017. Propriété famille Poulain

Classeur grottes d’Arcy n° 1, journal de Pierre Poulain

Classeur grottes d’Arcy no. 1, journal de Pierre Poulain, 1949-1950. Propriété famille Poulain. Photographie E. Le Gueut 2017

Histoire et enjeux des recherches préhistoriques menée entre 1886 et 1953, à travers les cahiers d’étude de l’abbé Alexandre Parat (Archives du Musée d’Avallon), les archives de Pierre Poulain (archives privées famille Poulain) et les archives de l’équipe « Ethnologie Préhistorique » (Archives MAE).

Par Erwan Le Gueut

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 La Grotte du Trilobite (Arcy-sur-Cure, Yonne) a été fouillée à plusieurs reprises de 1886 à 1953. Découverte en juillet 1886 par le docteur Adrien Ficatier (1854-1915), fouillée par l’abbé Alexandre Parat (1843-1931) de 1891 à 1898, elle a été à nouveau prospectée de 1950 à 1953 par les membres du spéléo-club d’Avallon (SCA) dirigé par Pierre Poulain (1921-1987), membre de l’équipe de fouilles d’André Leroi-Gourhan à Arcy-sur-Cure (coresponsable du chantier du Renne) et conservateur du Musée d’Avallon. Entre ces deux périodes, le site a été souvent visité par des fouilleurs clandestins, mais les archives attestent surtout de leurs dégradations à la fin du XIXe siècle. Entre les deux conflits mondiaux, le site n’est officiellement réinvesti qu’une seule fois, en 1936, par le préhistorien Raoul Daniel.

Réalisé dans le cadre du projet 2ARC, ce mémoire de master 1 « Archives » (Paris VIII, 2017), a été l’occasion d’effectuer, pour la première fois, une synthèse des résultats des opérations de fouilles réalisées à la Grotte du Trilobite depuis sa découverte. Ce travail repose principalement sur l’étude d’une partie des archives de l’équipe d’Ethnologie préhistorique, conservées à la MAE René Ginouvès et sur des documents rares transmis en 2015 par le Musée de l’Avallonnais et la famille de Pierre Poulain à Nejma Goutas et Pierre Bodu ; cahiers d’études (journaux de fouilles) de l’abbé Alexandre Parat (propriété du Musée de l’Avallonnais) et échantillon de documents prélevés par Agnès Poulain dans les archives de son père, ancien conservateur du Musée d’Avallon et collaborateur d’André Leroi-Gourhan à Arcy-sur-Cure. Il s’agit essentiellement de carnets de fouilles du Trilobite, de photographies, plans, correspondances et compte-rendus de sorties du SCA. En complément de ces documents d’archives, un corpus composé de monographies, communications, comptes rendus, journaux et de témoignages oraux a été réuni afin de permettre une meilleure compréhension du contexte de production des documents, qu’il s’agisse des papiers liés à la vie privée des producteurs ou des données de terrain issues de la fouille du gisement.

Ce bilan, qui permet de reconstituer très précisément la chronologie des opérations de fouilles à la Grotte du Trilobite, ne pouvait être mené sans évoquer la transition entre deux périodes de l’histoire de la recherche préhistorique française ; l’histoire d’un passage entre deux conceptions de la recherche (du clerc-érudit autodidacte à l’équipe de recherche) et l’histoire d’une évolution des méthodes de fouilles et des analyses scientifiques. Au-delà de la restitution d’un fil temporel des interventions de plusieurs générations de chercheurs dans les différents secteurs de la grotte, ce mémoire est aussi l’occasion de rassembler et rendre accessibles les principales données scientifiques relatives à chaque intervention (rythme des fouilles, matériel archéologique extrait, description des niveaux sédimentaires).

Ces données issues des archives, pour la plupart éparses et non exploitables en l’état, ont été retranscrites et utilisées pour la création d’une base de données qui rassemble désormais les informations majeure relatives aux fouilles réalisées à la Grotte du Trilobite de 1891 à 1953. L’inventaire des documents disponibles, l’édition des documents, la synthèse des informations historiques, un début de reconstitution du parcours des archives de leur production à leur localisation actuelle et la création d’une base de données permet désormais à l’équipe scientifique d’accéder à une quantité d’informations inédites et peut-être, d’avancer dans la compréhension des étapes de fouilles d’un gisement majeur de la vallée de la Cure.