Une théorie de l’ethnologie préhistorique

En 1936, dans la Civilisation du renne, André Leroi-Gourhan théorise cette notion, en recherchant chez les Magdaléniens chasseurs de rennes des éléments qui seraient toujours présents dans la vie des Eskimo éleveurs de rennes.
Il prenait ainsi à rebours les préhistoriens du 19e siècle, qui confrontaient directement les armes et outils de la préhistoire avec ceux des populations archaïques vivantes considérées alors comme en étant les derniers représentants.

L’apport des fouilles en stratigraphie

A Arcy, il tente de reconstituer les environnements qui ont successivement scandé l’histoire du site – climat, faune et flore – en lien avec les restes humains et les productions.
Par son approche ethnologique il considérait les vestiges lithiques non comme les fossiles datant un étage géologique, mais comme des indicateurs techniques de progrès, chaque stade enrichissant et diversifiant le fond commun.

De l’évolution dans le temps à l’observation spatiale

Il constate aussi des différences dans l’organisation au sol des vestiges archéologiques : au grand désordre et au sol jonché de restes animaux des couches inférieures (le Moustérien), succèdent des couches « balayées » par leurs occupants (les niveaux du Châtelperronien annonçant le Paléolithique supérieur).
Mais ce ne sera qu’avec le site de Pincevent – à partir de 1964 – qu’il pourra développer l’ethnologie préhistorique dans l’espace et non plus seulement dans le temps.

Texte écrit par P. Soulier